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À Sofia, les “concombres de Bâle” sur les rails

Alexandre Lévy
À Sofia, les “concombres de Bâle” sur les rails









Les tramways de Sofia passent du jaune au vert.


 Les tramways de Sofia passent du jaune au vert : les “concombres de Bâle”vont remplacer peu à peu les anciennes motrices. Surnommés “les concombres” en raison de leur forme et de leur couleur, les nouveaux tramways de Sofia ont été inaugurés avec enthousiasme par les autorités. La presse, elle, reste sur sa réserve : venues de Suisse, les voitures ont quand même 27 ans d’âge.
  Prendre le tramway à Sofia c’est, aussi, voyager un peu dans le temps. De couleur jaune, ces moyens de transport antédiluviens, au carillon si caractéristique, sont une véritable attraction pour les touristes. Mais pour les habitants de la capitale bulgare, c’est autre chose. Aussi exotiques soient-ils, ces trams sont extrêmement bruyants, inconfortables et pratiquement pas chauffés en hiver. Bref, un trajet en tram à Sofia relève certains jours du calvaire.
   C’est certainement la raison pour laquelle les voitures, promises depuis plusieurs mois par la Confédération suisse, étaient attendues avec beaucoup d’impatience. Et leur arrivée, inaugurée en grande pompe par les autorités de la ville le 23 avril dernier, n’a pas manqué de susciter de nombreux commentaires dans la presse locale. “Les concombres de Bâle entament leur périple sur les rails de Sofia”, titre ainsi le site de la télévision nationale BNT, pour introduire un reportage enthousiaste qui montre la maire de Sofia, Iordanka Fandakova, empruntant l’un de ses trams en compagnie de l’ambassadeur helvète Denis Knobel. C’est ce dernier qui s’était d’ailleurs chargé de traduire en bulgare le surnom que les habitants de Bâle, d’où proviennent ces trams, ont donné à ces engins à la couleur et la forme si caractéristiques : “Krastavitsa” (concombre).

                          Dix ans de moins que les trams locaux

   Ces trams sont pratiquement un don : la Suisse a financé à hauteur de 85 % le projet, précise le site Mediapool. Pour l’instant, seuls quatre des 28 véhicules promis sont arrivés, mais une mini-polémique n’a pas tardé à éclater pour autant. Car l’âge des “concombres verts” n’a échappé à personne : ces trams ont 27 ans. Cela fait quand même “dix de moins” que les plus anciens des “trams jaunes” de Sofia, nuance le journal en ligne Dnevnik. Et tous les médias bulgares de préciser que les trams suisses ont été “entièrement modernisés” depuis la lointaine année 1990. Ils sont notamment équipés de rampes d’accès pour les fauteuils roulants et les poussettes - des installations qui faisaient cruellement défaut à Sofia. Certains journalistes ont tout de même remarqué que ces rampes risquaient de se révéler inutilisables, car inadaptées aux rues de la capitale. “Les arrêts des trams à Sofia n’ont pas de perrons à proprement parler, ces derniers s’arrêtent en pleine voie”, rappelle la télévision privée BTV. Mais la municipalité assure que des travaux d’aménagement vont être effectués dans les plus brefs délais.
    Les réseaux sociaux, toujours très actifs en Bulgarie, n’ont pas manqué de s’emparer également du sujet, avec des avis très contrastés. “Pourquoi tente-t-on de faire toujours du neuf avec du vieux ?”, se demande un internaute. “La place de ces trams est au musée”, enchérit une ancienne ambassadrice bulgare à Berne. Depuis Londres, où il habite, l’ancien ministre et expert en énergies renouvelables Julian Popov a, lui, plaisanté que la Bulgarie était enfin devenue ce qu’elle avait toujours rêvé d’être, à savoir “la Suisse des Balkans”.

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