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Medeea Marinescu et ses premiers pas dans le cinéma français

Propos recueillis et traduction, Dan Burcea (lepetitjournal.com/bucarest)
 Medeea Marinescu et ses premiers pas dans le cinéma français









L’héroïne de «Je vous trouve très beau» avec Michel Blanc raconte.


  Au moment où, en 2005, elle fait son apparition dans le film d'Isabelle Mergault «Je vous trouve très beau» (César du meilleur premier film) donnant la réplique à Michel Blanc, Medeea Marinescu ne pense pas qu'elle va impressionner autant les spectateurs français dont beaucoup gardent encore en mémoire le charme inoubliable de la grande actrice Elvira Popesco. Sociétaire à son tour du Théâtre national de Bucarest, Medeea Marinescu a conquis le public français et international par son charme spontané et par la parfaite maîtrise de son art, deux qualités essentielles qu'elle possède avec un naturel surprenant. «Donnant-donnant», toujours sous la direction d'Isabelle Mergault, a permis de faire plus ample connaissance avec l’actrice, cette fois-ci aux côtés de Daniel Auteuil et de Sabine Azéma. Mais cette fois-ci, le succès n’était pas au rendez-vous. Rencontre avec l’actrice.
  Medeea Marinescu: D’abord, je vous dirai qu’avant «Je vous trouve très beau» je ne parlais pas du tout français. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles j’avais refusé de participer au casting organisé en Roumanie pour le film qui s’appelait à cette époque «La fille de l’Est». Je me trouvais aux États-Unis et je me suis dit que cela n’avait aucun sens de me présenter au casting juste parce que la réalisatrice avait vu une photo de moi et avait demandé à me rencontrer. Comme elle avait laissé un numéro de téléphone, lorsque je suis allée en vacances à Paris, je l’ai appelée, en lui parlant en anglais. C’est ainsi que mon aventure dans le cinéma français a débuté.
   Isabelle, je l’ai aimée dès le début. J’aime les gens qui ont le sens de l’humour, qui savent ne pas se prendre trop au sérieux et qui cachent sous l’apparence de la nonchalance une grande sensibilité. Isabelle est une personne sentimentale, intelligente, fragile et en même temps forte, tumultueuse et courageuse, pleine de vie et capable de mesurer sa complexité. Par la suite, elle m’a témoigné à de nombreuses reprises son amitié. Dans un monde qui court sans répit après la gloire, après l’argent, après des reconnaissances de plus en plus notables, l’amitié me semble une chose extrêmement précieuse.

                      «Michel Blanc n’est pas un bavard»

   Celui qui a compris et qui a misé sur le scénario d’Isabelle Mergault a été Jean Louis Livi. C’était au début de la carrière de réalisatrice d’Isabelle. Et je crois que l’expérience de producteur de Jean Louis Livi a été très bénéfique pour elle.
   Michel Blanc a été l’un des acteurs les plus spéciaux que j’ai eu l’occasion de rencontrer dans ma carrière. J’ai peu discuté avec lui. J’avais commencé à «bredouiller» quelques mots en français, surtout pour faire face au tournage, tout en gardant une timidité de débutante, craignant les fautes de grammaire. De toute façon, Michel n’est pas un bavard. Il est plutôt introverti, d’une immense délicatesse, un des observateurs les plus subtils que j’ai eu la chance de rencontrer. Il était extrêmement juste et correct sur le plateau de tournage. Michel observait avec délicatesse tout ce qui se passait pendant le tournage. L’influence de ses très fines observations se retrouvait dans les scènes que nous étions en train de jouer. Il manifestait une exigence particulière pour les détails, attitude que j’avais ressentie et qu’il me transmettrait, moi, la petite fille de l’Est.

                      Donnant-donnant : «J’était enceinte… et Daniel Auteuil aussi!»

   Au moment de «Donnant-Donnant», j’étais enceinte de mon premier fils Luca Ioan. J’étais en train de regarder un film, «The lost son». L'acteur que j’avais déjà vu dans «Jean de Florette» ou «La Reine Margot» attirait mon attention. Je l’admirais et je me disais «ce serait merveilleux si je le rencontrais un jour» … et, comme il n’arrive que dans les films, une semaine plus tard, je reçois un coup de fil de mon amie Isabelle. «Medeea, me dit-elle, nous avons le projet d’un nouveau film. Sais-tu qui sera ton nouveau partenaire cette fois ? Daniel Auteuil». Incroyable… Je suis restée interdite. J’ai bredouillé quelque chose du style «super ! mais, tu sais, j’ai un problème en ce moment…» et la réponse d’Isabelle ne s’est pas faite attendre. «Quoi, tu es enceinte ?», suivie d’un éclat de rire. Fantastique, continua-t-elle… mes deux acteurs principaux attendent chacun un enfant, tu sais, Daniel aussi sera père». Ce qui fait que, lorsque nous avons commencé le tournage de «Donnant-donnant», moi j’étais la maman de Luca, et Daniel, le papa de Zack.
   Daniel est un acteur extroverti, jovial, plein d’humour, une vedette complètement décontractée pour qui la célébrité est accessoire, chose à laquelle il semble ne pas accorder grande importance. Charmant lors des tournages, spontané, ludique, y compris dans sa manière de jouer son rôle. Par la même occasion, j’ai rencontré Sabine Azéma, une actrice de talent, notamment dans ses rôles comiques, une personne adorable, d’une grande féminité.

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