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Crise: le PSD renverse son propre gouvernement

Crise: le PSD renverse son propre gouvernement









  Liviu Dragnea (à droite) a viré sa marionnette Grindeanu (à gauche).
 
 Le Parlement de Bucarest a adopté mercredi 21 juin; la motion de censure déposée par la coalition majoritaire formée par le PSD (ex-communistes) et par l'Alliance des libéraux et des démocrates contre son propre gouvernement dirigé par le premier ministre Sorin Grindeanu. 241 élus nationaux se sont prononcés en faveur de la motion de censure, alors que pour passer elle devait être votée par 233 sénateurs et députés. Les autres partis parlementaires - le Parti national libéral, l'Union Sauvez la Roumanie, l'Union démocrate magyare de Roumanie et le Parti du mouvement populaire ne se sont pas exprimés par vote, affirmant que cette situation était un problème interne de la coalition gouvernementale. La motion a été introduite après le refus du premier ministre de démissionner, même si la coalition le portant lui avait retiré son soutien. Il a rejeté comme non fondées les conclusions de l'évaluation faite par le PSD aux six mois depuis l'installation du cabinet, qui indiquait qu'il y avait des retards dans la mise en application du programme de gouvernance.

                       "Le risque d'un retour à Ceausescu"

  Sorin Grindeanu (à gauche) a jugé "incompréhensible" le dépôt d'une motion de censure contre un gouvernement qui a "bien travaillé". "Le risque existe d'un retour en arrière, à l'époque d'avant 1989", année ayant vu la chute du régime communiste de Nicolae Ceausescu, a-t-il mis en garde, en faisant référence au style autoritaire de Liviu Dragnea (à droite), le chef du PSD et devenu l'homme fort du pays. Ce dernier, repris de justice, enrage de ne pas pouvoir accéder au poste de Premier ministre, à cause de son passé judiciaire qui l'empêche, constitutionnellement, d'assurer cette fonction. Il s'efforce donc de contourner l'obstacle en désignant des hommes de paille dont il espère faire des marionnettes, exigeant qu'une fois au gouvernement, ils fassent abroger la loi qui lui interdit toute ambition. Mais ses créatures, prenant goût au pouvoir, refusent de rentrer dans son jeu et de lui céder la place.
   Liviu Dragnea a donc décidé de faire tomber le Premier ministre qu'il avait désigné, ouvrant une nouvelle crise politique. Il avait préparé le terrain, en promettant démagogiquement de doubler le salaire des fonctionnaires, ce que Sorin Grindeanu, qui estimait que la situation des finances publiques ne le permettait pas, a refusé, exacerbant les tensions entre les deux hommes et entraînant, de justesse, la chute du dernier.
  Une crise politique est donc ouverte, non seulement au PSD, mais dans le pays. A l'heure où nous mettons sous presse, le président Klaus Iohannis devait avoir des consultations, qui s'annonçaient ardues, au sujet de la formation du nouveau gouvernement, avec les partis parlementaires. Ces imbroglios à succession ont fait remonter sa cote de popularité et l'opposition démocratique, en piteux état actuellement, se frotte les mains.

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