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L'aventure en valait la peine

L'aventure en valait la peine









  Les Nouvelles de Roumanie
cessent donc leur parution, sous leur forme imprimée actuelle, avec ce numéro 102, mais leur version numérique, à laquelle les lecteurs peuvent s'abonner dès maintenant, prendra le relais dès la rentrée. Les regrets n'ont donc pas de raison d'être. La nostalgie sans-doute un peu. Les jeunes journalistes des années 70 l'avaient déjà éprouvée quand ils avaient vu disparaître les imposantes linotypes au plomb, héritières de l'époque de Gutenberg, remplacées par la photocomposition et le tirage offset.
  C'est un peu cette transformation que va subir notre revue, comme nous l'expliquons depuis le début de l'année. Il ne faudra plus attendre sa sortie de l'imprimerie, tous les deux mois, le passage du facteur, pour être tenu au courant du développement de l'actualité.
Un clic suffira. Finalement, dans cette mutation, l'important pour les Nouvelles de Roumanie, c'est surtout de ne pas perdre leur âme.
  En près de vingt ans de parution et quelques 12 000 articles, petits ou grands, la revue a largement rempli l'objectif qu'elle s'était assigné: rendre ses lecteurs aussi proches que possible d'un pays qui leur tient particulièrement à cœur. Le challenge n'était pas mince. En 2000, année de son lancement, la Roumanie était retombée dans l'anonymat. Pire même… elle provoquait le découragement de nombre de ceux qui avaient volé à son secours au début des années 90. Mais les plus fidèles de ses amis refusaient de baisser les bras. Ils sont souvent devenus nos lecteurs.
  C'est à eux que notre revue doit sa naissance et sa longévité. A tous ceux qui ont montré que l'engagement pour la Roumanie n'était pas un effet de mode, mais une véritable cause. Le chemin a été chaotique… et le demeure à bien des égards. Mais que d'obstacles surmontés par les Roumains depuis les descentes des mineurs venus "casser la démocratie" dans les artères de Bucarest, en juin 1990, récidivant dans les années suivantes… jusqu'à l'entrée, sur la pointe des pieds dans l'Union Européenne, le 1er janvier 2007. Une date à marquer d'une pierre blanche: certes, tout restait à faire… mais rien ne serait plus pareil. Désormais, il ne faisait pas jour seulement à l'Ouest. Aujourd'hui, cela ne surprend plus personne de voir tous ces étudiants assis sur les bancs des universités européennes, les programmes d'échanges fleurir, des amitiés se nouer, des couples se former, des carrières se développer par delà les frontières: les Roumains ne sont plus un objet de curiosité. En matière d'Europe, il leur arrive même de montrer la voie, contrairement à leurs voisins qui s'enferment dans un nationalisme et un égoïsme d'un autre temps. Pour les pionniers de la coopération avec la Roumanie, quelle belle récompense! Pour Les Nouvelles de Roumanie quelle satisfaction! Le pari était audacieux, mais l'aventure en valait la peine.

                                  Henri Gillet et Dolores Sirbu-Ghiran

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