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La Bretagne au cœur et bras grands ouverts

La Bretagne au cœur et bras grands ouverts









Danses bretonnes pour les Roumains, Polonais et Maliens invités du département et des communes d’Ille et Vilaine.


  Vous, les Français, vous êtres très forts en paroles, mais beaucoup moins en actions"… Sous l'outrage, Pierre Méhaignerie n'a pas bronché. Pourtant, jusqu'ici, personne n'avait osé traiter le très courtois et affable président du Conseil général d'Ille et Vilaine, futur Garde des Sceaux, de… "fort en gueule"!
   La scène se passait en juillet 1989 et l'insolent se permettant cette effronterie n'était autre que Lech Walesa. Le leader de Solidarnosc avait été bien mal inspiré de s'en prendre à la Bretagne où l'on n'est certes pas du genre "Embrassons nous, Folleville!" et où on reprocherait plutôt à ses habitants une certaine réserve, voire froideur, cachant mal leur grand coeur et la solidité de leurs amitiés. N'importe… Piqués au vif, par cette sortie déplacée, le maire de Rennes de l'époque, Edmond Hervé, ministre de la Santé, et le quotidien Ouest France avaient réagi de la meilleure façon, en créant dans la foulée l'association Bretagne-Pologne, histoire de montrer aux Polonais, sortis à peine du grand froid communiste, que le mot solidarité se déclinait aussi sur les rivages de l'Atlantique.
   En Ille et Vilaine, on a le sens de l'histoire, car quelques mois plus tard, début janvier 1990, une quarantaine de Rennais volaient au secours des Roumains en train de se libérer du joug de Ceausescu, donnant naissance par la suite à Solidarité 35 - Roumanie. Deux ans plus tôt, ne pouvant encore tendre la main aux pays de l'Est, les Bretons s'étaient tournés vers le Mali, décidés à bien aider ce pays en souffrance, créant Ille et Vilaine - Mopti, région jouxtant le fleuve Niger et Tombouctou.
   Mali-Pologne-Roumanie… cela donne aujourd'- hui MAPOROU, association qui a vu le jour en 2010, faisant le lien entre ces trois initiatives. Chacune a su largement s'employer au cours de ces deux dernières décennies. Ille et Vilaine - Mopti intervient dans un secteur de 80 000 km2, aux portes du désert, théâtre récent des combats menés par les troupes franco-maliennes, pour le libérer de l'emprise des groupes islamistes. Le département breton y a fait creuser des puits, donne des coups de pouce dans les domaines de la pêche, de l'agriculture, de l'élevage, de l'artisanat. Il apporte surtout une aide multiforme pour aider ce pays dans sa marche vers la démocratie, aidant à la formation de ses cadres, à l'éducation, à l'alphabétisation. Une vingtaine d'écoles d'Ille et Vilaine entretiennent des relations régulières avec des établissements maliens.
   En Pologne, l'engagement des Bretons s'est concentré sur la ville de Poznan où une Maison de la Bretagne a été ouverte dès 1993. Formation et accueil d'élus locaux, professeurs, médecins, agriculteurs, sportifs, s'en sont suivi. Plus de 15 000 jeunes des deux pays ont été concernés par des programmes d'échanges, 35 partenariats inter-communaux entamés, 15 étant toujours actifs.
   La Roumanie n'a pas été en reste. Une maison de l'Ille et Vilaine a vu le jour à Sibiu. A peu près tous les domaines imaginables d'activités et d'échanges ont été concernés - santé, éducation avec la mise en place de CDI (Centres de Documentation et d'Information), enfance, culture, tourisme, agriculture, environnement et développement durable, sports… ce qui signifie que quelques milliers de Roumains on fait le voyage dans ce département en flèche dans son action tournée vers la Roumanie.


                                           La fête nationale roumaine célébrée chaque 1er décembre

   Certes, les engagements des uns et des autres ont tendance à s'essouffler, mais la ténacité est une vertu bretonne. Rennes montre l'exemple en organisant chaque année une Journée de l'Europe, un Marché du monde, un forum citoyen, une semaine roumaine, célébrant aussi la fête nationale de ce pays, chaque 1er décembre. Le samedi 6 avril prochain, le premier "festival multi-couleurs" consacrera cette ouverture au monde. Musique traditionnelle, folklorique, moderne, danse…chacune des trois composantes de MAPOROU mettra en valeur ses richesses culturelles, la Bretagne participant aussi. Des ateliers seront organisés : peinture sur oeufs pour la Roumanie, sur bois pour la Pologne, sur bogolan (toile en coton, teinte par une mixture de terre et végétaux) pour le Mali. Cette première se déroulera à Chartres de Bretagne, à quelques kilomètres de Rennes, qui symbolise MAPOROU à elle toute seule, ayant tissé des liens avec Tendeli au Mali entretenus par l'association Teria (amitié en langue malienne bambara), Lwowek en Pologne et Calarasi-Sarata, près de Craiova en Roumanie. Tout comme sa voisine Vitré, elle aussi en relation avec les trois pays, la petite cité de 7000 habitants montre qu'elle a le sens de l'autre puisqu'elle est également jumelée avec des villes d'Allemagne, d'Angleterre et Saint Anthème en Auvergne.

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