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La douche… britannique

La douche… britannique
   Avec la victoire du Brexit, la douche n’était plus écossaise, mais britannique pour les Roumains, et plus particulièrement les 400 000 d’entre eux - 200 000 selon les chiffres officiels - qui vivent au Royaume Uni, dont des dizaines de milliers d’étudiants. Déjà beaucoup s’inquiétaient de savoir de quelle manière seront octroyés les visas britanniques à l’avenir, ne pouvant se contenter de la réponse dilatoire des autorités universitaires… «Il n’y aura pas de problème pour la rentrée prochaine».
  La presse roumaine accusait le choc dès le matin du 24 juin, avec des titres marquant l’appréhension ressentie dans tout le pays. «Pour le peuple considéré comme le plus europhile de l’Union européenne, ce jour est un vendredi noir», titrait le site bucarestois Adevarul. «Quoi qu’on puisse dire, les Roumains se sentent trahis par ce qui se passe en Grande-Bretagne poursuivait-il. Ils ne peuvent pas s’expliquer comment un pays qui leur a présenté pendant des années un projet d’intégration leur tourne maintenant le dos. Sans la Grande-Bretagne, la maison Europe est une maison sans un mur».
  Le même site faisait remarquer que «pour les Roumains, la liberté de circulation est axiomatique. Les Roumains sont fans de l’UE tant qu’ils peuvent circuler, travailler et étudier librement dans d’autres pays membres». L’idée de la mise en place de restrictions au Royaume-Uni étant déjà difficile à accepter, Gândul se demandait : «Et si demain l’Allemagne, la France et l’Italie faisaient pareil ?».
   Pour ce quotidien, les conséquences se verront seulement dans deux, trois ans, quand les Roumains, à l’instar d’autres peuples de la périphérie de l’UE, se demanderont : «Où est le centre ? Y-a-t-il encore un capitaine à bord ?». Mais les craintes sont déjà palpables. La Roumanie a peur d’être noyée sous la vague d’euroscepticisme, de démagogie et populisme qui menace le Vieux continent.
   Elle a résisté avec courage jusqu’ici, n’hésitant pas à changer ses dirigeants, à donner un coup de balai dans sa classe politique corrompue. Mais l’entreprise de restauration d’une véritable démocratie est loin d’être terminée. Les élections législatives qui s’annoncent à l’automne seront révélatrices pour cet aggiornamento dont le pays a un besoin impérieux.
   En notant que le Brexit avait réalisé ses meilleurs scores dans les zones les moins développées du Royaume Uni, un commentateur roumain ne pouvait s’empêcher de faire un parallèle avec les résultats obtenus par le PSD dans les régions les plus retardées du pays.
   C’est d’un pas en avant et non d’une marche arrière dont a besoin l’Europe.

                                                                                                  Henri Gillet

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