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La vraie vie au cœur du Maramures

La vraie vie au cœur du Maramures









Vivre par monts et vallées au cœur du Maramures dans une vieille maison en bois 


  Difficile d'imaginer qu'on puisse aimer tant son pays ! Adela et Teo ne quitteraient pour rien au monde leur Maramures natal. Pourtant la vie y est dure, aussi bien sur le plan matériel que moral. D'autres se seraient laissés séduire par la perspective d'une existence meilleure, loin de chez eux. Mais comment Teo aurait-il pu abandonner ses monts et vallées qu'il parcourt à pied depuis ses 15 ans ? Guide, photographe, journaliste, à quarante ans il est devenu la mémoire vivante de la région. Adela, elle, arpente les couloirs de l'impressionnant Mémorial des victimes du communisme, expliquant aux milliers de visiteurs francophones, l'atrocité d'une époque heureusement révolue.
  Adela et Teo ont choisi de rester au pays pour le faire valoir. Le couple rêvait d'acquérir une vieille maison en bois et d'y accueillir les touristes afin de leur faire découvrir les richesses de leur province. C'est chose désormais faite. Une seconde maison est même venue s'ajouter à ce patrimoine. Située à une trentaine de kilomètres, elle a échappé au funeste sort réservé par les "abattoirs de vieilles maison", des scieries en quête de bois de chêne, les transformant en planches, lambris, parquets, meubles anciens, expédiés en Angleterre ou en Irlande. Teo l'a entièrement démontée, pour la réinstaller sur la parcelle à flanc de colline, en pleine campagne, où le couple vit désormais. Forêt, ruisseaux, silence troublé par les seuls oiseaux, chevreuils et cerfs montrant le bout de leurs cornes, quelques fermettes au loin… Les hôtes séjournent au coeur d'un Maramures immuable, à six kilomètres seulement de Sighet. Le bonheur de dormir les fenêtres ouvertes, de sentir la nature si proche, d'entendre le vieil escalier qui grince, de s'assoir autour de la table en bois massif… tout en bénéficiant des commodités d'aujourd'hui !

                  Sacs à dos et porte-bagage pour transporter matériaux et sacs de ciment

   Pour en arriver là, Teo n'a pas ménagé sa peine. Tout était à faire ou à refaire… mais en conformité avec la règle absolue qu'il s'était imposée: respecter le savoirfaire des ancêtres. Seul pour agencer les pierres de taille, soulever les lourdes poutres, il a avancé le chantier au fil des mois, des ans, allant au bout de lui-même, comme lorsqu'il a dû déplacer un bloc de 150 kg. Deux jours pour s'en remettre ! Et puis des aller-retours incessants en vélo jusqu'à la ville, parfois plusieurs fois par jour, pour acheter des matériaux, ramenés dans un sac à dos, les sacs de ciment fixés sur le porte-bagage.
   Tout aurait été beaucoup plus simple si, la Roumanie n'avait pas décliné la proposition de Bruxelles d'étendre les aides au développement de l'agro- tourisme aux zones rurales en périphérie des villes. Pour quelques centaines de mètres, les espoirs d'Adela et Teo de financer leurs travaux se sont envolés. Ce coup du sort ne les a cependant pas fait renoncer. Mais il leur a fallu attendre les maigres rentrées d'argent pour poursuivre le chantier, le retardant d'autant. Compter aussi avec les aléas: les hivers rigoureux qui rendent les matériaux inutilisables, les changements incessants de réglementation obligeant à tout recommencer. Fils électriques impérativement aériens un jour… aujourd'hui à enterrer. 

                     Toutes les richesses du Maramures à moins d'une demi-heure

   Si dans l'adversité le couple a tenu bon, il le doit aussi beaucoup à ses amis français, de la région toulousaine et de Cahors- Agen, qui n'ont pas ménagé leur soutien et sont heureux aujourd'hui de constater qu'il voit le bout du tunnel. Certes, il reste beaucoup à faire dans la seconde maison, mais d'ores et déjà des touristes séjournent dans la première, d'une capacité de 6-7 personnes. Oubliant la voiture, leurs journées passent vite, entre ballade dans la forêt pour cueillir fraises des bois, champignons, la découverte des églises en bois et du musée du village, à proximité, les parties de pêche, les escapades dans les villages voisins, la visite de l'alambic à palinca.
   Ravis de courir dans les collines, de se mêler aux troupeaux de moutons ou d'apprendre à fabriquer des objets en bois, les enfants oublient totalement leurs jeux vidéo, ordinateurs et postes de télé. Et puis, les joyaux du Maramures, le cimetière joyeux de Sapinta, les villages de la vallée de Breb, Botiza, Calinesti, leurs fêtes religieuses, le monastère de Bârsana sont à portée de volant… à moins d'une demi-heure. Teo y guide ses hôtes… en français.
  La maison Amizadil, Sighetu-Mamatiei (Maramures), Adela et Teo Ivanciuc, 00 40 744 289 461 ou 0745 944 555, amizadil@yahoo.com. Nuit et petit-déjeuner: 20 € pour une personne, 30 € pour une chambre de 2 personnes.

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