La première des libertés est la liberté de tout dire.

SOMMAIRE

Lionel Stoléru, père du RMI : un humaniste à l’action contre les maux de la société

Lionel Stoléru, père du RMI : un humaniste à l’action contre les maux de la société








   
  Fils d' Élie Stoleru, juif Roumain, originaire de Vaslui dans le nord-est de la Roumanie, et de Fernande Blum, Lionel Stoléru né à Nantes en 1937 est décédé début décembre, à l’âge de 79 ans. Ce discret homme-orchestre de la politique française était diplômé de l'École polytechnique (sorti 2e de la promotion 1956) et de l'École des mines de Paris et avait obtenu un doctorat en économie de l'université Stanford à Palo Alto, en Californie, sous la direction du prix Nobel d'économie Kenneth Arrow. Il avait épousé Francine Wolff, énarque. Le couple avait une fille, Emmanuelle, diplômée de HEC et de l'ENA.
   Proche de Valéry Giscard d’Estaing et de Jean-Pierre Raffarin, Lionel Stoléru était devenu ministre dans le gouvernement Rocard en 1989, puis avait soutenu Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle de 2007. Il prônait l’ouverture pour lutter contre le Front National. «Plutôt Fabius que Le Pen», n’hésitait pas à déclarer cet ami de Simone Veil, s’aliénant une bonne partie de ses soutiens politiques.
   Il avait été président de la chambre de commerce France/Israël et conseiller économique du Premier ministre roumain Petre Roman ainsi que du président ukrainien Leonid Kravtchouk. Ce spécialiste des questions industrielles consacrait essentiellement son action aux réformes sociales, à la revalorisation du travail manuel et à la réduction des inégalités, dénonçant la pauvreté qu’il estimait toucher 10 millions de Français, s’attachant également à la réforme des prisons, créant le Genepi, afin de favoriser la réinsertion des détenus, par l’enseignement.
   Lionel Stoléru fourmillait d’idées «sociales» aussi vite remisées qu’à peine formulées, hormis la fameuse aide au retour volontaire des immigrés dans leur pays, rebaptisée le «million Stoléru», mise en place en 1977. Il était à l’origine de la création du RMI (Revenu Minimum d’Insertion), en 1988, idée qu’il avait fait avaliser par Michel Rocard. C’est après un voyage aux États-Unis où le sujet était discuté qu’il en avait introduit le concept en France en développant la notion d'impôt négatif dans son ouvrage Vaincre la pauvreté dans les pays riches (1974). Cette modification majeure du système de protection sociale existe toujours.
   Lionel Stoléru était également chef d'orchestre. Il avait dirigé plusieurs formations en Europe, dont l'Orchestre d'Ukraine, puis l'Orchestre romantique européen de sa création en 1996 à sa disparition en 2013, et avait composé une Symphonie juive pour orchestre.
   Lionel Stoléru était ce qu’on appelle un humaniste.

Les articles les plus lus

Tous droits réservés